Rennes-le-Château, le 13 mars 1911 Monseigneur Vous avez bien voulu me faire parve- nir une ordonnance épiscopale datée du 9 mars 1911 par laquelle vous me mettez en demeure sous peine de suspense "ipso facto" de vous soumettre mes comptes. Comme billan de recettes je ne puis qu'offrir le détail qui a été déjà fourni à l'officialité par mon défenseur dans le procès canonique qui m'était intenté. Ce billan ne saurait être suspecté puis- qu'il a servi à solder les dépenses éffec- tuées. Un document péremptoire sera encore le certificat du bureau des hypothèques que je joins à ma lettre. Quant aux dépenses, je prends à tache de les justifier par les notes que j'ai conservées. Toutes n'y figurent pas par la bonne raison que je les ai égarées. Comme je savais que la prescription couvrait la pluspart des dépenses après deux ans, je n'ai attaché aucune importance à la conservation de ces pièces, de là leur disparution. Je vous addresse éxactement toutes celles qui sont encore en ma possession. Je compte que vous voudrez bien veiller sur ce dossier qui se compose de 61 pièces et lorsqu'il vous sera devenu inutile, me le renvoyer. Il est indispen- sable à ma sécurité personnelle. J'ai eu l'honneur de vous l'écrire, j'avais le projet de faire les dix jours de retraite dès le commencement du carême. Ma santé m'oblige à modifier ce projet. Mais si l'amélioration desirée se produit, je me propose de la faire au Grand Séminaire de Carcassonne, éspé- rant qu'on voudra bien m'y accorder l'hospitalité et de consacrer a ces exercices les dix jours qui précèderont la fête de Pâques. Daignez agréer, Monseigneur l'hommage de mes sentiments respec- tueux BSaunière ptre. (assinatura)