À Carcassonne le 13 octobre 1911 Monsieur l'official, Un jugement de l'Officialité du Diocèse de Carcasson- ne en data du 5 novembre 1910 se basant sur les affir- mations de M. Saunière lui-même constate: 1) que M. Saunière a reçu de divers points du diocè- se et même d'ailleurs de sommes considérables. 2) que ces sommes ont été sollicitées dans le but bien déclaré soit de restaurer l'église pariossale de Rennes-le- Château, soit de construire une maison de retraite pour les vieux prêtres, 3) que par conséquence les sommes ont été données à M. Saunière alors curé de Rennes, non pour son usage personnel mais dans l'intention bien déterminée qu'elles serviraient à de bonnes oeuvres. (...) personnels et privés et prenaient celui de biens ecclésiasti- ques. D'où obligation pour celui qui en était le détenteur de les gérer en conformité avec les règles canoniques, c'est-à-dire en les destinant au but pour lequel elles avaient été donnés et en les dépensant avec l'autorisation et sous le contrôle de Mgr l'Évêque. Or, M. Saunière n'a pas observé ces règles, ce qui a été constaté par le tribunal de l'Officialité du diocèse. L'Officialité en effet dans une sentence interlocutoire du 5 novembre 1910 a dû condamner le dit M. Saunière à justifier de l'emploi des fonds qui lui avaient été confiés. Mais cette justification n'a nullement été faite et M. Saunière par son attitude a rendu illusoire la sentence du tribunal. En vain une commission composée de M. Saglio, Vicaire général et de MM. Messal et Charpentier, chanoines titulaires a été nommée; En vain cette commission a voulu faire la lumière sur la gestion de M. Saunière. En vain elle a cherché par tous les moyens à obtenir de lui l'exécution légale du jugement sus-dit; M. Saunière ne s'est jamais mis en mesure de lui pré- senter une comptabilité si rudimentaire fût-elle. Il a sim- plement présenté un compte excessivement sommaire et il a toujours refusé, malgré les invitations bienveillantes de la commission, de fournir les explications verbales néces- saires prétextant pour s'en dispenser «la nécessité où le mettait son état de santé d'éviter toute émotion». La commission n'obtenant rien à dû apprécier ainsi les comptes de M. Saunière: Pour les recettes: il s'est borné a nous indiquer les différentes sources de recettes qu'il avait déjà présentées au procès et qui constituent de simples affirmations sans preuve aucune et dont quelques unes paraissent invrai- semblables. Pour les dépenses: il a bien présenté une liasse de factures, les unes régulièrement acquitées, les autres constituant de simples notes. Mais le total des sommes inscrites sur ces pièces ne monte qu'à 36000 francs envi- ron; invité par nous à présenter un compte de dépenses atteignant le chiffre global de 193000 francs qu'il avait indiqué lui-même au procès, il nous a présenté, comme pour les recettes un compte approximatif qui consiste uniquement en une énumération de 7 articles avec des chiffres qui ne sont nullement justifiés par rien. De plus la commission constate dans son rapport que M. Saunière a bâti sur des terrains qui ne sont pas à son nom. Dès lors les constructions ne lui appartiennent pas. Toutes les dépenses faites à l'exception de 27000 francs consacrés à l'église et peut-être au calvaire et de 15000 francs consacrés au mobilier d'après les dires de M. Sau- nière profiteraient donc au propriétaire nominal de ces terrains. D'ailleurs certaines dépenses de constructions ont dû être faites au nom de la famille Dénarnaud... Toutes ces faits semblent prouver: 1) que M. Saunière ne s'est point soumis au jugement de l'Officialité qui le condamnait à rendre ses comptes à Mgr l'Évêque de Carcassonne. 2) qu'il a employé à son profit ou au profit de tiers des sommes considérables à lui confiées pour bonnes oeuvres et par conséquent ayant le caractère de biens écclésiastiques. Pour tous ces motifs, je soussigné A. Pennavayre, promoteur de l'Officialité du diocèse de Carcassonne, ai l'honneur de prier M. l'official de vouloir bien traduire à son tribunal M. l'abbé Saunière, ancien curé de Rennes- le-Château. Pennavayre promoteur. (assinatura)